vendredi 18 novembre 2011

Benoît Camus, un nouvelliste pas comme les autres

Découvrons Benoît Camus, un nouvel auteur humble et pourtant plein de talents. Il témoigne sur son parcours dans ce monde plutôt fermé de l'édition, dévoile son parcours atypique et explique comment il est arrivé à concilier  son métier et sa vie de famille puisqu'il est aussi père au foyer. Outres ses nouvelles publiées dans des ouvrages collectifs, un recueil de ses nouvelles sera disponible au deuxième trimestre 2012.

Pourquoi avoir choisi le métier d’écrivain ?

Tout petit, j'étais passionné par l'écriture. Mais comme il fallait avoir un travail qui permette de vivre, j'ai suivi comme beaucoup d'autres, des études scientifiques et je suis diplômé de l'École Nationale Supérieure de Génie Industriel de l'Institut National Polytechnique de Grenoble. Mais les quelques expériences en entreprise en tant qu’ingénieur que j'ai eu m'ont conforté dans mon idée de départ, j'étais vraiment fait pour l'écriture. Mon épouse, également ingénieur, l'a compris et elle m’a soutenu dans ma démarche littéraire en n'hésitant pas à  prendre en charge le foyer financièrement. Et c'est finalement naturellement, nous avons trouvé un équilibre qui nous satisfait tous les deux. Ainsi, je fais partie de la nouvelle génération de pères au foyer, qui s'occupent des enfants et des tâches ménagères, mais qui en contre partie peuvent exercer leur métier à la maison.

Votre nom a-t-il eu une influence sur votre choix ?

Mon nom est en effet, le même que celui d'Albert Camus, l'un des plus grands écrivains français. Je n'ai aucun lien avec lui si ce n'est l'admiration que je lui porte.  La peste et L'étranger sont évidemment pour moi, comme pour beaucoup de monde, des œuvres majeures. J'ai une tendresse particulière pour son dernier roman inachevé : Le premier homme. Je ne pense pas que mon nom ait eu une quelconque influence sur ma décision d'écrire ou alors c'est très inconsciemment. Albert Camus m'a sans doute donné le goût de la littérature mais tout autant que de très nombreux autres écrivains. 

Peut-on vivre du métier d'écrivain ? 

La contrainte est essentiellement financière. Il est très difficile de vivre de ce métier. Avec 10% en moyenne de droit d’auteur sur le prix du livre vendu, il faut en vendre énormément pour espérer en vivre. D'autant plus que si on publie en collectif, les droits se partagent alors entre tous les auteurs. De toutes les façons, au niveau d'édition auquel je suis actuellement, on ne gagne pour ainsi dire rien ! Les auteurs ont très souvent, d'ailleurs, un autre métier ou d’autres activités en complément.

Est-ce difficile de se faire éditer aujourd'hui et comment vous y êtes vous pris  ?

Il y a beaucoup de candidats et peu d’élus. Quand on ne connaît personne dans le milieu, il est difficile de se faire une place et d’ouvrir les portes des maisons d'édition.  Les appels à textes lancés par les petits éditeurs permettent de les entrebâiller. Si le texte envoyé intéresse l’éditeur, il le retient pour édition et peut avoir envie d'en éditer d'autres. Mais il faut se tenir informé, être à l'affût de ce type de propositions.
Tous les mois environ, je participe aussi à des concours de nouvelles. C’est un moyen pour moi de diffuser mes textes et d’être lu et de rencontrer des passionnés de la littérature. Et parfois les prix récoltés sont intéressants. Mais, une fois édité, il faut encore vendre ses créations. Et ce n'est pas simple. Les petits éditeurs n'ont pas de gros moyens et ils doivent se démener pour faire connaître leurs livres. Certains axent leur politique de communication sur internet et, pour des raisons économiques, privilégient la vente, via leur site. Ensuite, en fonction de l’impact de nos écrits, des éditeurs plus importants peuvent se montrer intéressés... Les petits éditeurs se chargent ainsi du travail de découverte et de défrichage, puis les éditeurs plus importants font leur marché.


Qu’aimez vous et que détestez-vous ?

J’aime apprendre et découvrir, j’ai un esprit curieux. Pour cette raison, c'est avec beaucoup d'intérêt que je suis venu à Montbéliard, car je ne connaissais pas la Franche-Comté. Depuis que je suis ici, je sillonne la région à pied et je ne suis pas déçu ! En littérature, c'est pareil ! J'aime bien dénicher des livres originaux, des auteurs qui sortent des sentiers battus. Internet permet de belles découvertes !
Ce que je n'aime pas : les idées toutes faites, les préjugés... Les « m’a tu vu », tous ceux qui pensent détenir la « vérité » et qui s'empressent de l'asséner aux autres me cassent les pieds ! 

Quels sont vos points forts et vos points faibles ? 

Je suis opiniâtre et tenace, le travail ne me fait pas peur. Je reviens sans cesse sur mes textes afin de les améliorer, et j'y prends  un plaisir certain. J'ai ainsi des textes que je revois et corrige depuis plusieurs années. D'autant qu'aujourd’hui, je n’écris plus comme il y a dix ans.
Mes faiblesses viennent essentiellement du fait que je suis d'une nature plutôt réservée. Me faire connaître, communiquer, n'est pas naturel, pour moi. Je dois me forcer et dans cet exercice, je ne suis pas à l'aise. En bref, je ne sais pas me vendre ! Impossible pour moi de forcer les portes... Je m'abrite derrière mes textes et espère qu'ils convaincront à ma place !


Quels sont vos auteurs préférés  et  vos livres favoris ?

Je n'ai pas vraiment d'auteurs de prédilection, ni de livre de chevet. Comme je le disais plus haut, je suis ouvert à tout et avide de découverte. Je peux quand même citer Cervantès et son Don quichotte, Le voyage au bout de la nuit, Faulkner... S'agissant des contemporains, j'apprécie particulièrement des auteurs comme Murakami, Saramago, Coe pour ses descriptions au vitriol de la société... et bien d'autres...

Quelle complicité souhaitez-vous établir avec le lecteur ? 

Tout dépend de ce que j'écris, du thème que j'aborde. Comme j'écris essentiellement des nouvelles, il peut y avoir une grande diversité entre elles. L'exercice me permet d'aborder des sujets différents, et d'adapter en fonction le style de mon écriture et le ton général de la nouvelle.
Je dirais que j'ai trois inclinations. La première me fait traiter de sujets graves, pour lesquels  je privilégie une certaine sobriété, une concision et une précision qui me permettent d'aller là  où ça fait mal, en évitant tout pathos. La deuxième est satirique. Je peux alors me laisser gagner par une certaine verve, une profusion langagière que j'espère jouissive et que je tâche de rendre jubilatoire. La troisième lorgne du côté de l'étrange ou vers des situations décalées. Je m'efforce d'instaurer une atmosphère, parfois un malaise, avec un minimum de moyens.
Dans tous les cas, je tente d'embarquer le lecteur avec moi, de l'intéresser, de le titiller ou de le déstabiliser. J'aime surprendre et cela tombe bien, parce que le format des nouvelles s'y prête tout à fait !

Vers quelle forme littéraire souhaitez-vous vous orienter ?

Je vais continuer à écrire des nouvelles. J'apprécie cette forme littéraire, qui requiert beaucoup de rigueur et d'efficacité. Raconter une histoire en peu de mots, avec ceux qui s'y prêteront le mieux... J'aime l'effet de saisissement que permet cette forme.
Je songe aussi, et de plus en plus, à l'écriture d'un roman... mais c'est une autre histoire...


Quels sont les nouvelles que vous avez publiées ?

Celles que l'on peut trouver le plus facilement sont :

Que souhaiteriez-vous pour les cinq années à venir ?

Continuer à écrire et... publier...
En mai 2012, sortira, si tout se passe comme prévu, un recueil d'une quinzaine de mes nouvelles. J'en suis actuellement à la phase de relecture et de corrections. C'est une étape importante pour moi, le premier recueil édité sous mon seul nom.
Est prévue également la publication d'un autre de mes textes au sein d'une nouvelle anthologie.
J'espère continuer sur cette lancée et à plus long terme, peut-être, éditer un roman...




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