jeudi 10 novembre 2011

Marie Blossier, la créatrice de la poupée de l'Unicef pour l'exposition des Frimousses de créateurs

Marie Blossier est une jeune créatrice de talent qui a su garder son âme d'enfant.  S'investissant dans des projets solidaires, elle a créé la poupée Pivoine, sélectionnée  pour devenir "la Poupée Unicef" dans le cadre de l'opération "Les Frimousses de créateurs".  Elle rejoindra les autres Frimousses lors de l'exposition au Petit Palais qui aura lieu du 28 novembre au 4 décembre 2011, puis sera vendue aux enchères à l'hôtel Drouot le 13 décembre 2011. Les fonds de la vente financeront une campagne de vaccination au Darfour.


Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis originaire du Nord, c’est une région très accueillante où les gens sont chaleureux, j’aime à croire que j’ai gardé cette habitude de ma région natale d’être avenante et d’aller vers les autres. Enfant, ma mère me répétait souvent de sourire, elle disait que ça ouvrait toutes les portes !
Je suis une passionnée, je m’investis toujours corps et âme dans les projets que j’entreprends. Mais j’ai gardé mon âme d’enfant : je m’émerveille de tout, je touche, je bricole, j’invente, je suis toujours en effervescence. Bien que l’art et la création aiguise l’esprit critique, j’ai gardé malgré tout un petit côté naïf qui prête à rire quelques fois !
Je suis aussi très sensible aux inégalités, surtout lorsqu’elles touchent les enfants. Je participe à des projets solidaires, ça me donne le sentiment d’agir, à défaut de changer les choses.

Qu'aimez vous et que détestez-vous ?

J'aime les rencontres qui mènent sur des chemins imprévus. J’aime me promener entre les arbres tortueux en bord de plage à Noirmoutier où la famille possède une maison de vacances. Cela me ressource, c’est propice à l’inspiration. Je déteste être impuissante face à un événement qui me révolte, mais aussi mettre plusieurs heures sur une création et m’apercevoir, quand elle est finie, que je n’aime pas le résultat !


Créer, ça représente quoi pour vous ?

Être créatrice, c'est réaliser des objets qui font rêver, des pièces uniques, à l’unité ou en très petites séries. Je me nourris de tout ce qui  m'entoure, une odeur, un voyage, une discussion, une couleur, un souvenir… toutes ces choses font la personnalité de mon travail.  Je mets ce que je suis dans mes créations, elles sont très différentes selon l’humeur dans laquelle je me trouve lorsque je crée. Elles évoluent avec moi. C’est toujours amusant de voir que les grands tournants que prend mon chemin créatif sont fortement liés à mon chemin de vie et à mes évolutions personnelles.  J'aime faire plaisir au destinataire, je crée pour les autres. Créer un objet de ses propres mains, né de son imagination est une grande fierté.

Comment naissent vos créations ?

En général mes créations naissent d’une matière ou d’un motif. Je passe des heures dans les magasins à toucher les tissus. Je m’attache à la douceur et à la particularité d’une matière. Son élasticité par exemple. Puis je fais des associations de tissus. J’utilise très souvent le jersey de coton velours, c’est cette matière qui sert habituellement à faire des pyjamas douillets pour les enfants. Toute la difficulté consiste à trouver, ça et là, les nuances qui font la différence. Parmi mes matières fétiches on trouve aussi la douillette, tissu extrêmement doux dont les deux faces sont différentes, l’une est à poils courts, l’autre à poils longs ; je choisis mon côté en fonction de l’usage. Enfin on trouvera le simili cuir, qui permet de beaux contrastes avec les matières précédentes. J’aime particulièrement les couleurs vives et les motifs rigolos. 

Pourquoi avez-vous choisi de faire presque exclusivement des créations pour les enfants ?

Je crée toujours pour les bébés ou les enfants c’est un univers très riche. Un enfant passe des heures et des heures à jouer ou à dormir avec sa poupée ou son doudou, les secrets qu’il lui confie et les histoires qu’il invente vont le construire, l’aider à grandir. Lorsque je crée je me focalise toujours sur le destinataire, je me projette, j’imagine ce qu’il va faire avec l’objet. Il y a un mois, j’ai reçu un colis, c’était mon filleul qui me renvoyait son doudou pompier réalisé et offert il y a 3 ans. Il me demandait si je pouvais le restaurer un peu parce que le tissu était tout élimé. J’aurais pu être offusquée de voir un doudou sur lequel j’avais passé beaucoup de temps, être dans cet état, mais au contraire je me suis imaginé toutes les aventures qu’il avait du vivre et toutes celles qu’il allait vivre encore grâce aux réparations. J’ai tout démonté morceau par morceau, il aurait été plus rapide d’en refaire un neuf, mais c’est celui là qu’il aimait.

Après une série de doudous, pourquoi avez-vous souhaité créer des poupées ?

Je me suis mise à faire des poupées d’inspiration Waldorf un peu par défi, je voulais comprendre la technique. J’aimais bien le fini très professionnel du travail de la sous-tête. Et puis le plaisir des matières est réapparu, choisir la laine fantaisie pour la chevelure qui caractérise chaque poupée, l’habiller de façon à lui donner une personnalité. La fabrication de la poupée est un travail de longue haleine. Une vingtaine d’étapes sont nécessaires à sa confection, on la voit naître sous nos doigts, ça a quelque chose de magique. Plus on passe de temps dessus, plus on fait preuve de concentration, et plus elle parait avoir une âme, être habitée. C’est valable pour toutes les créations, la passion se ressent toujours dans le résultat.

Comment votre poupée a-t-elle été sélectionnée pour représenter l'Unicef lors de l'opération Frimousses de créateurs ?

Je travaille régulièrement pour l'Unicef particulièrement dans le cadre du Label Unicef "Ville amie des enfants" pour la ville de Grand-Charmont. Avec les enfants nous avons réalisé une fresque sur les droits de l’enfant à l'occasion du 20ième anniversaire de la convention. Puis nous avons gagné la biennale nationale de l'Unicef avec des jeunes du Club ados. Nous avons aussi réalisé, il y a deux ans, des frimousses à la manière des créateurs pour un marché créatif en faveur de l'Unicef à la maison de l'enfant. Actuellement je suis sur un projet "Les frimousses et leurs droits" avec les enfants dans le cadre d'un contrat local d'accompagnement scolaire.
C'était donc tout naturel de proposer à l'Unicef de réaliser une Frimousse. Emballé par l'idée, ils m'ont relancée quelques mois plus tard pour me donner le thème de cette année. Et là c'est devenu comme un défi, j'avais une occasion en or de faire une belle action, m'investir dans un projet qui aurait un réel impact sur la vie des enfants. J'ai eu le sentiment de me surpasser, quand elle a été finie j'étais très contente du résultat.

© Photos non libres de droit 

Qu'est ce qui vous a inspiré ?

Comme le thème était la nature, je voulais que ma poupée soit déguisée en fleur ou vêtue d'éléments qu'elle aurait trouvés dans la nature. J'ai cherché dans mes livres à la maison, des univers en rapport avec le thème, j'ai feuilleté le livre de la création du film d'animation les Minimoys et mes BD de Bourgeon, en particulier le cycle de Cyan dont j'ai repris l'idée du bustier et des cordelettes. Puis j'ai fait un croquis et une fiche de tendance avec les éléments qui m'inspiraient et les gammes de couleurs retenues et je l'ai réalisé.

Que représente pour vous sa sélection ?

Quand j'ai su que ma poupée avait été sélectionnée, j'en avais les larmes aux yeux, ma frimousse avait été élue pour devenir la "Poupée Unicef ". Pour une jeune créatrice, voir en vrai les créations des "grands noms de la mode" c'est un grand cadeau ! J'ai hâte de partager ce beau moment avec tous les participants lors de l'exposition au Petit Palais.


©Véronique Pouzard 
© Photos non libres de droit
Note de l'auteur sur l'interview : Interview de Marie Blossier, créatrice de la Poupée Unicef pour l'exposition Frimousses de créateurs qui se déroulera du 28 novembre au 4 décembre au Petit Palais à Paris. Les poupées seront vendues le 13 décembre à l'hôtel Drouot en faveur de la vaccination des enfants.

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